Armagnac,  Joseph, notaire

G.Normand - FENOUILLÈDES n°5
G.Normand - FENOUILLÈDES n°5

Né à Caudiès le 27 août 1869, d' Alexis Armagnac, notaire, et de Amigues Léonie.

Marié le 8 février 1898, à Caudiès de Fenouillèdes avec Louise Marie Rose Olive (1872-1956) geneanet.org

Palmes académiques: nommé officie d'académie (J.O 9 janvier 1909) in journal du notariat 1909 p144

 nommé officier d'instruction publique (J.O. 10 mars 1914)

Amoureux et historien de son village, ses écrits nombreux et épars font  toujours référence. Certains, publiés dans le Messager de Notre-Dame de La Val, journal paroissial qu'il avait co-fondé avec l'Abbé Jean Jouret, peuvent être consultés à la Bibliothèque municipale.

Au décès de Joseph Armagnac, tous ses documents ont été donnés par son épouse aux archives départementales. (Renseignement donné par son neveu Pierre Armagnac).

Est reproduit un texte hommage écrit par Pierre Tiburce, en septembre 2014.

                                                        JOSEPH ARMAGNAC 1869-1943

                 A la mémoire d'un pionnier de la mise en valeur du patrimoine caudiésien.

 

Notaire, conseiller municipal d'un village qu'il aimait passionnément, Joseph Armagnac a par ses écrits fait connaître aux Caudièsiens la richesse de leur terroir et a œuvré pour la conserver, qu'il s'agisse des monuments mais aussi de l'histoire, de la langue et des arts. Par sa créativité, il appartient lui-même au patrimoine.

 

L'historien.

C'est le premier historien du village. Avant lui, Louis Fédié, son parent par alliance, avait publié quelques pages sur Caudiès, et Louis Just s'était intéressé à Notre-Dame de La Val. Mais c'est Joseph Armagnac qui publia les premières études fouillées d'histoire locale et on se réfère toujours à ses travaux.
On lui doit de nombreux textes éparpillés et non totalement recensés, surtout publiés dans la Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon puis dans le Messager de Notre-Dame de La Val, une revue abordant les sujets les plus variés, qu'il avait cofondée avec l'abbé Jouret, publiée entre les deux guerres. Retenons surtout ses travaux sur l'histoire de Caudiès sous la Révolution, tels que :
-Les premières journées de la Révolution à Caudiès, (1900).
-La contribution patriotique, les biens privilégiés et les biens nationaux à Caudiès en 1789, (1902).
-François Roussel, membre du Directoire du département et le pays de 
Fenouillèdes pendant l'in

Dans ces textes est décrit avec ferveur et précision le déroulement de cette période sombre et épique, en utilisant à l'évidence de nombreuses archives manuscrites mais aussi la mémoire locale. Avec des accents dignes de Michelet, son élégante prose exprime dans une langue fluide où se mêlent volontiers l'émotion et le lyrisme un attachement profond à son village et aux valeurs de la République naissante.
Et parmi d'autres sujets:
- Caudiès pendant l'épiscopat de Nicolas Pavillon (1900),
-L'évêque d'Alet Nicolas Pavillon et les pères Augustins de Caudiès (1902), -Notre Dame de La Val (1902, 1913).

 

L'artiste.

Il était dessinateur, poète, musicien amateur de mandoline, de guitare, de piano, de flûte et de chant.
Pour les Caudiésiens il est surtout resté le mémorable parolier et compositeur des hymnes locaux que sont La Caoudiérenco
et A la Desquièro, ce dernier composé à l'âge de vingt-quatre ans.

La chorale locale, justement nommée la Caoudiérenco, les chante aujourd'hui encore dans les nombreuses circonstances où le village aime renouer avec ses racines.
Esprit curieux et novateur, on lui doit les premières photographies de Caudiès, antérieures à 1900, ainsi que des portraits parfois révélateurs d'un goût pour les trucages et la fantaisie.

 

L'occitaniste.

Il a défendu l'usage de « Noste lenguo mairalo » à une époque où l'on interdisait aux élèves de parler «patois». Son vibrant plaidoyer de 1926 en faveur de l'usage d'un occitan qu'il maîtrisait parfaitement et écrivait à la manière mistralienne est repris, tel un manifeste, dans presque tous les numéros de l'actuelle revue Fenouillèdes.

Il se termine ainsi: « Notre langue méridionale exprime l'âme même de notre midi latin. Elle fait partie du patrimoine national, du patrimoine humain, nous n'avons pas le droit de la laisser mourir ».


Le défenseur du patrimoine communal.

Soucieux des intérêts du village, il fut le rapporteur de l'affaire du pré du Saint-Sacrement et son action fougueuse permit de faire confirmer en 1909 par arrêté préfectoral l'appartenance du pré à la commune. Cette « reconquête », selon son expression, trouva ensuite sa consécration par la décision du conseil municipal d’apposer une plaque commémorative et de changer le nom du pré qui devint « de la Fédération ». Cet hommage s'adressait aux Caudièsiens de la Révolution qui tinrent en ce lieu la première fédération de France mais aussi à Joseph Armagnac qui avait fait connaître cet événement historique et en avait souligné la portée.

 

Le conservateur du patrimoine.

Conservateur généreux et désintéressé, œuvrant constamment avec l'abbé Jouret, autre caractère bien trempé, J. Armagnac a initié et largement financé la réfection (1924-1934) du mur-rempart sud de N.D. de La Val puis la construction de l'échauguette (1936), mettant en valeur et en sécurité des sculptures médiévales. Aidé par les dons qu'il suscitait, le tandem s'attacha aussi à embellir tout le site: plantations d'arbres, nivellement des pentes en terrasses, aménagement de fontaines, etc., à l'origine du bel ensemble paysager dont nous profitons aujourd'hui.

 

______________________ Pierre Tiburce, septembre2014

 

 

Dans la table mensuelle du Journal officiel de La république française de novembre 1946, est relevée cette publication.

gallica.bnf.fr
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