La Route de Quillan

"Pierre Lis" en 1821. Illustration de Meilling, (In "Voyage pittoresque dans les Pyrénées Françaises" publié en 1830
"Pierre Lis" en 1821. Illustration de Meilling, (In "Voyage pittoresque dans les Pyrénées Françaises" publié en 1830

La route de Quillan doit sa création à l'Abbé Félix Armand, né à Quillan en 1742, ordonné Prêtre à Perpignan en 1768. D'abord vicaire à Quillan puis curé de St Martin. Pour désenclaver ce village, il trace et creuse  en 5 ans, avec l'aide de montagnards, un étroit sentier à travers les rochers du défilé de Pierre-Lys. En particulier, il perce un bloc rocheux qui barre l'entrée du défilé, connu depuis comme le "Trou du Curé".

 

Dans " le Magain Pittoresque" publié  en 1878, sous la direction d'Etienne Charton et d'où est tiré le dessin de Balandier (gallica.bnf.fr), un chapitre est intitulé "La Pierre-Lys", sous-titré  "Félix Armand, curé de Saint-Martin", on peut lire:

" Quillan, bourg d'environ deux mille âmes, est bâti sur les bords de l'Aude, au milieu d'une petite plaine resserrée dans un cirque de montagnes. Quand, en sortant du bourg,on se dirige vers Perpignan, on a devant soi une haute falaise de rochers calcaires dont les cimes, en partie dénudées, en partie couronnées de noires forêts de sapins découpent leurs capricieuses dentelures sur l'azur du ciel."...

 

Sentier en 1781, il est élargi et ne devient route départementale qu'en 1855.  Ceci explique que venant de Limoux  pour se rendre à Port-Vendres via Perpignan, le Duc D'Orléans et son épouse soient passés par le col Saint-Louis (1839).

Mais l'ouverture d'une route Quillan - Caudiès par le défilé de Pierre Lys au détriment du passage par le Col de Saint-Louis n'est pas sans conséquences pour la commune de Caudiès   et conduit à une pétition des habitants de Caudiès contre le projet de rectification de la route royale n°117, portée au préfet et destinée au ministre des transports.  Le nouveau tracé de cette  route  fait donc l'objet de délibérations lors de la séance du 26 août 1843 du Conseil général des Pyrénées Orientales. Le rapporteur de la Commission chargée d'examiner la pétition est M.Pla

En conclusion de cette séance de 1843, les partisans du tracé par la Pierre-Lys l'emportent malgré le surcoût et la durée prévue des travaux, mais deux concessions sont accordées aux Caudiésiens.

Probable conséquence de ce nouveau tracé, la fermeture en 1868, de l'Auberge Saint Jean-Baptiste (1, rue de l'Eglise), qui n'est plus située sur le trajet des diligences et sa vente (Acte notarié en possession de Jean-Paul Tricoire)