LE VILLAGE: Panorama

 

Un village des Pyrénées-Orientales à découvrir...

Enveloppe promotionnelle en vente au Syndicat d'Initiative vers 1980 (?)
Enveloppe promotionnelle en vente au Syndicat d'Initiative vers 1980 (?)

"Le premier document authentique qui fait mention de Caudiès est une charte du roi Charles-le-Chauve, datée des calendes de janvier 842, portant donation en faveur du comte Million de divers villages dans le pays de Fenouillèdes et de Pierre-Perfuse. De ce nombre se trouve la villaria de Cauderiae." (In Louis Fédié, Comté du Razés et Diocèse d'Alet)

En 1886, Arthur de Ganniers écrit dans le Correspondant, un article sur la République D'Andorre - Les droits de la France dans les vallées andorranes dans lequel il fait référence à cette donation.

gallica.bnf.fr
gallica.bnf.fr

Sur la carte postale suivante prise approximativement sous le même angle que la précédente, mais environ quatre-vingt ans plus tard , on note la présence de l'usine (en arrière et à gauche du village). On distingue "la piste du haut".

Jean-Paul Tricoire  résume l'histoire  du nom de Caudiès:  " Cité auparavant sous les noms de "Caldarios", "Caudiers" et "Caldiers",  la commune prit très tôt (XV°siècle) le nom de "Caudiès".
L’appellation "Caudiès de Saint-Paul", rencontrée au XIX° siècle, est liée au bureau postal qui desservait alors la commune. 
Dotée à son tour d'un bureau postal, Caudiès de Fenouillèdes prit son nom actuel en 1898 pour être distinguée de son homonyme du Conflent ."

Le décret attribuant donc le nom de Caudiès de Fenouillèdes est paru au Journal officiel du 6 février 1898.

 

On peut ajouter que Caudiès figurait dans le Tome Premier de "L'Abrégé portatif du Dictionnaire géographique de La Martinière" édité en 1759 (MDCCLIX avec approbation, et privilège du roi)

gallica.bnf.fr
gallica.bnf.fr
Aquarelle de Jean Tricoire (1934-2005)
Aquarelle de Jean Tricoire (1934-2005)

 

Vue aérienne du village, prise après 1968, comme en témoigne la présence du groupe scolaire Jean-Joseph Morer.

Le bâtiment du syndicat d'initiative (2007) n'est pas encore construit.

Armoiries

Les armoiries de Caudiès, qui dépendait du diocèse d'Alet,  sont décrites dans "Les Armoiries des États du Languedoc" par Gastelier de la Tour (1764): " Caudies; d'or au chaudron de gueules, l'ance levé"  (gallica.bnf.fr)

Auguste Cauneille a fait une étude documentée sur les blasons et armoiries de Caudiès que Pierrette Rieuvernet a confiée pour le site.

Il a tout d'abord relevé les différents blasons trouvés trouvés dans le village, dont il avait fait des esquisses

Il a consulté les auteurs suivants: 

- Louis Fédié: Le Comté du Razés et le diocèse d'Alet (1880)

- Jean Lepargneur:  Les châteaux de Fenouillet in Bulletin de la société des études scientifiques de l'Aude  Tome XX 1909

p 63 à 71 

- Joseph Armagnac: Le Castel fizel et la chapelle St Jaume, in Messager de Notre-Dame de La Val (Caudies) octobre et novembre 1935.

Les Armoiries de Caudiès (Auguste  Cauneille) Collection Pierrette Rieuvernet
Les Armoiries de Caudiès (Auguste Cauneille) Collection Pierrette Rieuvernet
Paul Balmigère (1907 ?)
Paul Balmigère (1907 ?)

Albert Bayrou, en 1996, commence son ouvrage Caudiès-de-Fenouillèdes, à la recherche du passé par ses armoiries:

            D'or, au chaudron degueules, l'anse levée; au chef d'azur, chargé de deux fleurs de lys d'or - 1598 -

            Palé, contre-palé d'or et de sinople de six pièces - 1696 -*

* Le roi, trop souvent à court d'argent et n'osant pas inventer un nouvel impôt -ce qui eut été impopulaire- eut l'idée de donner des armoiries, contre rétribution forcée, aux notables qui n'en possédaient pas et de changer celles des villes (20 livres).

Tribunal

En 1899, dans la deuxième édition (la première édition en 1879) de son "Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées Orientales",  Pierre Vidal rédige un chapitre intitulé de Saint-Paul à Caudiès. il note:

 

                                                                                    CAUDIÈS

                                                           11 kil. de Saint-Paul, 52 kil. de Perpignan.

 

Cette commune (1167 habitants) tire son nom de ces d'eaux chaudes qui soudaient dans les environs (1).

L'église mérite d'être visitée à cause son rétable qui est du XIVe siècle.

Avant 1790, Caudiès était chef lieu de viguerie et possédait un bureau d'enregistrement, un entrepôt de sel et de tabac, et un trésorier de France.Il avait aussi un tribunal de justice dont les arrêts ne furent pas toujours empreints de la plus grande impartialité puisqu'on dit encore, dans le canton:

                                                                             Justiço dé Caudiès

                                                                        Justiço dé tort é dé trabès

 

Suivent des notes sur Notre-Dame de La Vall (orthographe de l'auteur) et une photo reproduite ici.

Source gallica.bnf.fr
Source gallica.bnf.fr

Trace du Tribunal de Caudiès est également trouvée dans le Dictionnaire de Jurisprudence et des arrêts, établi par M. Prost de Royer en 1784, dans la rubrique Allègrement (droit fiscal)

gallic.bnf.fr
gallic.bnf.fr

Le Grenier à sel de Caudiès est mentionné dans L'Encyclopédie Méthodique des Finances par Jacques-Philibert Rosselot de Surgy en 1785 (googlebook).

L' existence de ce grenier à sel fait participer Caudiès à l'histoire du Sel dit Blanc dans le Languedoc.

L'un des épisodes est rapporté les Annales du Midi de 1891 (La gabelle du sel en Languedoc au XVe siècle par Alfred Spont).

persee.fr
persee.fr

Le monopole royal du sel, instauré partout en France dès 1342, par Philippe VI de Valois, oblige les habitants acheter le sel taxé, entreposé dans des greniers ou chambre à sel. Cet impôt, la gabelle, est affermé c'est à dire payé au roi par des Fermiers qui en font l'avance au roi et le récupèrent ensuite auprès des populations. En 1653, il y a 6 fermes dont celle du Languedoc. En 1678, Colbert crée un seul établissement pour récupérer l'impôt en remplacement des greniers à sel.

gallica.bnf.fr
gallica.bnf.fr

En 1706, le roi rend un arrêt destiné à modérer la petite gabelle, pour les habitants du Languedoc et notamment de Caudiès (dans le diocèse d'Alet) qui ne peuvent plus payer le sel dont ils ont besoin  pour nourrir leurs troupeaux.

Le sel sera donc vendu à prix réduit et modéré à 10 à livres le minot, en 1706 et 1707, uniquement à l'usage du bétail pour lequel un dénombrement doit être fait en présence des Maires-Consuls et des curés.

Tout abus ou fraude sera considéré comme FauxSaunage et puni d'amende et de coups de fouets, et de galère en cas de récidive. Sont également concernés par ces châtiments les complices et tous ceux ayant fourni une aide aux Fausauniers.

L'impôt sur le sel,  institué en France, par Philippe de Valois a toujours été impopulaire.

Entre 1750 et 1850, s'est développée une contrebande du sel, produit à partir de la Source salée de la Sals (commune de Sougraigne, à 3km700 au nord-est du Pic de Bugarach). Cette contrebande a touché Caudiès et bien au-delà, malgré la construction d'une caserne de gabelous à côté de la source. L'histoire de cette  fraude est décrite dans un article de R. Descadeillas paru en 1959 dans les Annales du Midi.

persee.fr
persee.fr

c'est notamment le pillage du grenier à sel de Caudiès les 3 et 4 août 1789 par 3000 brigands qui auraient été à l'origine de la constitution de la première fédération de France (fenouillèdes.fr). Anne-Marie Olive a écrit en 2009, dans la Revue Fenouillèdes (n°31), un article intitulé 6 août 1789, Caudiès et la Fédération, dans lequel est décrit ce pillage et ses raisons.

 

La gabelle est abolie par l'Assemblée constituante le 1er décembre 1790, puis rétablie en 1806 sous Napoléon 1er. Cet impôt est à nouveau supprimé sous la Seconde République, et définitivement aboli par la laide finance de 1945.

PLANS

Le Syndicat d'Initiative (dissout en 2016) avait fait éditer un plan du centre à l'usage des touristes.

Sur ce site, différents monuments font l'objet de chapitres particuliers.

Bien avant, à la fin du XIXe siècle, Adolphe Verdier (1878-1938)  avait dessiné ce plan de Caudiès.

Ce plan figuratif de Caudiès datant de 1817 a été transmis par Jean-Louis Tribillac.

Archives des Pyrénées-Orientales
Archives des Pyrénées-Orientales

Le plan cadastral napoléonien date de 1825. La section E, reproduite ici, concerne le village lui-même. D'autres sections sont reproduites au chapitre concernant les moulins.

archives.cg66.fr
archives.cg66.fr