Le pays des Foins (pagus fenolientensis?)

Communément répandue et parfois âpremenent discutée entre les partisans du foin ou du fenouil, cette "traduction" de Pagus Fenolietensis, sert de titre à ce chapitre sur l'agriculture sous forme interrogative.

Voici la réponse apportée par Jean-Paul Tricoire;

Interrogation à laquelle je réponds "bien sur que non".

En effet, le "Pagus Fenoliotensis" désigne le territoire relevant de la juridiction du château (castrum) de Fenouillet.  Le terme "Pagus" employé sous les rois carolingiens a été remplacé, à partir du XI° siècle, par le terme "comté", le pagus étant dirigé par "comes/comitis" terme latin (compagnon du monarque) évoluant vers le terme français "comte". 

Les noms territoriaux ont été formés par l'adjonction du suffixe latin "ensis" à un radical qui est le nom de la cité ou de l'oppidum qui en est le chef lieu. De la même manière, le Razès (Pagus Redensis) était soumis à l'antique ville de Redae (Rennes le château), le Roussillon (Pagus Rossillionensis) de l'oppidum de Ruscino (Château- Roussilon), etc.,.... 

Ce n'est donc pas un quelconque fourrage qui a donné son nom à notre région, mais bien, au moment de sa création le nom de  l'oppidum où a été installé le représentant du monarque. En effet, et les fouilles l'ont prouvé, Fenouillet est bien antérieur à la création du Fenouillèdes. Si le nom de notre "pays" a pour origine le nom de son ancien chef lieu, cela ne résous pas totalement le problème car nous ignorons l'origine du nom de Fenouillet (Fenoliot [ensis]).  Peut-être tes recherches te permettront d'y répondre.

 

Dans le recueil des Arrêts notables du Journal du Palais de Toulouse (1782), est notée l'introduction de la culture de la luzerne à Caudiès.

gallica.bnf.fr
gallica.bnf.fr

En 1750, il est défendu de dépiquer et de caner dans les rues (3l. 10s. d'amende) - Albert Bayrou.

Dépiquage sur le Pré  (Au fond les arbres de la place de la Gendarmerie)
Dépiquage sur le Pré (Au fond les arbres de la place de la Gendarmerie)

 Cette carte postale est reproduite dans un article paru dans le numéro du 26 juin 2000 (confié par Marie Madeleine Truillet),  signé Marcel Lacoste qui l'a commentée: " D'abord faite par des chevaux qui tiraient des rouleaux en pierre, puis par des batteries à vapeur, l'aire de dépiquage devait être parfaitement plane. Ces deux techniques ont cohabité de 1910 à 1922. Le dépiquage, avec des moyens de plus en plus modernes, a pourtant cessé au milieu des années 1960. Les tracteurs ayant remplacé les chevaux, il n'y a plus eu besoin d'avoine."

 

Texte de François Fabre publié dans la revue d'ethnographie méditerranéenne Folklore (1978 n°4)

Georges Vayre (conseiller municipal  1971-1991) avait analysé l'évolution de l'agriculture à Caudiès:

Fragment d'interview de Georges Vayre  (transmis par Denis Vayre)
Fragment d'interview de Georges Vayre (transmis par Denis Vayre)

Pour Charles Tribillac (1904-1991), interviewé par Georges Vayre, il y avait de nombreuses métairies autour de Caudiès:

- la métairie de Mr Sisqueille à Conac, où il y avait des chevaux,

- la métairie de la Crémade chez Monsieur de Ferluc,

- la métairie du colonel Bousquet à la borde des demoiselles,

- puis, celle du Commandant Chatry qui avait acheté une partie de la métairie de Ferluc.

Dans la revue ethnologique "FOLKLORE" (1978, n°4)  François Fabre a publié des textes consacrés aux contes et légendes du Fenouillèdes dont celui qui suit: