Moulins

On connait à Caudiès, l'existence de 3 moulins bladiers (ou à farine), activés par l'eau.

Jean-Louis Tribillac confie pour le site une photocopie d'un plan figuratif de 1817, conservé aux archives départementales des Pyrénées-Orientales (cote 2 Op8 43).

En 1279, les habitants offrent "au sénéchal de Carcassonne  de faire faire un autre moulin joignant celui qui est au dit lieu appartenant à Sa Majesté; ils le feront valoir annuellement à Sa dite Majesté 50 mines de blé, mesure de Caudiès, savoir 12 émines froment, le restant en blé qui se moudra audit moulin, la mouture s'y prenant à raison de 16 L. Laquelle offre le sénéchal a accepté et tout autrement, comme il est porté aud. acte du 18 des calendes de juillet 1279." AUNAT, notaire. ( In Bayrou Albert, Caudiès-de-Fenouillèdes, à la recherche du passé).

En 1599, le roi Henri IV vend le Moulin dit du Roi, en pleine propriété aux habitants de Caudiès. Joseph Armagnac a publié in extenso, le document dans le Messager de Notre-Dame de La Val ( septembre 1936), reproduit ici.

 

Albert Bayrou relève dans le Compoix de 1745 - FONVIELLE Pierre, meunier (taille 16 s. 8 d.)

En 1838,  dans l'Annuaire du commerce, industrie, magistrature et administration est noté Bès en tant que meunier.

Sur le recensement de la population de Caudiès de 1841, sont inscrits comme meuniers

au Hameau de Villeraze,  François Ticheyre et son fils Bernard,

rue Marias, Antoine Olive (époux de Saint Pastou Pauline), Hippolite Olive (ouvrier meunier),

rue Portal den Roques, Fourcade Simon (époux de Madelene Bès) et sa fille Magdelaine, François Doumergue (ouvrier meunier).

Rue du Moulin, sont inscrits comme propriétaires, Bès Baptiste et Bès François mais aussi Bès Raymond.

En 1909,  selon Francis Mérou, il y avait 3 usiniers meuniers: Simon Olive, Raymond Caillens, Gaston Vayre.

Dans la revue Archéo 66 n°30 (2015), est publié un recensement des moulins fariniers utilisant l'énergie hydraulique, dans le Fenouillèdes présents sur le plan cadastral napoléonien (1812-1834). A Caudiès, en 1825, sont relevés

- sur la parcelle E 456, propriétaire Bès Baptiste et François,

- sur la parcelle D 1022, Bès Étienne, oncle,

- sur la parcelle B 1044, Olive Raymond, fils de Jacques

 Moulin du Roi

Albert Bayrou relève dans Caudiès-de-Fenouillèdes, à la recherche du passé:

 

1719,  22 mai - Le moulin sur la Boulzane est engagé au sieur REGNAULT, avocat, pour 460 l. /an. Le moulin bladier avait été acheté par les habitants, le 23 avril 1624.

 

Dans la première partie de son ouvrage, il a également rapporté l'affaire concernant le moulin qui avait opposé la  veuve RAYMOND * et l'abbé TOURNIER, prêtre bénéficier du chapitre d'Alet qui demande la revente du moulin à son profit le 8 février 1773:  Il expose que "le moulin, possédé actuellement par la veuve Raymond, sous la redevance annuelle de 460 ll et dont l'inféodation remonte à 1692, est dans un état de dépérissement que le peu d'aisance de cette veuve ne lui permet pas de réparer...Offre 140 ll de plus, c'est à dire une redevance de 600 ll."

Mais -selon Bayrou- l'exposé de l'abbé Tournier n'était pas véridique car d'après le subdélégué:

" 1° Que le moulin de Caudiès est dans le meilleur;  que le feu sieur RAYMOND, ayant voulu l'améliorer, fut obligé d'abandonner l'ancienne digue, de faire tracer un canal d'environ trois cents toises de long dans le rocher, et d'en construire une nouvelle susceptible d'irruption par les inondations, ce qui lui a coûté au delà de douze mille livres; qu'indépendamment de deux meules de ce moulin est pourvu, la veuve RAYMOND fait actuellement construire un bâtiment pour en placer une troisième qui obviera pendant l'été à la disette d'eau;

2°  Que la veuve Raymond, loin d'être en dehors d'état de subvenir aux frais d'entretien du moulin,  se  trouve au contraire dans une situation fort aisée; qu'elle paie dans la communauté de Caudiès plus de 300 ll de taille, indépendamment du vingtième; qu'elle entretient deux de ses fils au collège royal Toulouse, et que le défaut d'aisance pourrait être objecté avec beaucoup plus de raison au sieur abbé TOURNIER, à qui l'on ne connaît aucuns biens fonciers, et qui ne jouit que du modique revenu de sa prébende...

3° Que le moulin de Caudiès fut vendu et aliéné à titre de propriété incommutable au sieur LAVERGUE, avocat, par contrat du 5 juin 1688, passé par MM. les Commissaires du Conseil nommés à l'effet de procéder aux aliénations à perpétuité des domaines sujets à réparations employées dans les états arrêtés du Conseil, dans l'un desquels le moulin en question est compris; que dans le contrat de vente, il fut qualifié de banal, mais que la communauté ne l'a point reconnu comme tel dans ses dénombrements, et qu'il y a plutôt lieu de croire qu'il est seigneurial, le Roy étant le seigneur de la ville de Caudiès.

4° Evin que la veuve RAYMOND acquitte ponctuellement l'alberge de 460 LL, ainsi que le vingtième, sans que jamais il n'ait été décerné une contrainte contre elle, et qu'elle a rendu l'année dernière ses hommages et son dénombrement devant le bureau des finances de Toulouse.

J'ajouterais, Messieurs, à tous les faits que le sieur TOURNIER est soupçonné d'agir en vue de favoriser l'entreprise du sr ROUZAUD, autre prébendier d'Alet, qui voudrait s'arroger le droit de saigner le canal, ce qui fait le sujet d'un procès actuellement au Parlement de Toulouse entre la veuve RAYMOND et le sr ROUZAUD.

....

* La veuve Raymond est Françoise de Jaubert qui avait épousé Jean François de Raymond (né à Caudiès vers 1730) à Quillan le 11 juin 1743 (geneanet.org).

 

1781 - La dame  JAUBERT  est engagiste du moulin bladier.

 

1793 - TASTU  Jacques, président du Tribunal criminel de Perpignan, épouse Marianne JAUBERT, veuve Raymond, propriétaire du Moulin du Roi.**

 Le second mariage de Marie Anne de Jaubert avec Tastu a lieu à Caudiès le 26 décembre 1793 (6 nivôse an II).

**Le meunier était Nicolas François de Raymond, né à Caudiès le 23 février 1749 de Jean François de Raymond et Françoise de Jaubert,  marié à Quillan le 17 novembre 1782 avec Marie Anne de Jaubert , décédé en 1792 (geneanet.org).

Ils ont au moins un fils,  Clément de Raymond qui vend le moulin le 7 frimaire an VI ( 27 novembre 1797), selon un acte passé devant Me Antoine Guiter, notaire à Perpignan. (Renseignement  et acte de vente donné par Marcel Delonca (geneanet.org). Le moulin est vendu aux frères Bes, Jean-Baptiste et François, fils de Baptiste Bes, meunier de Caudiès.

 

Dans le livre qu'il a publié en 1880 sur le Comté de Razés et le Diocèse d'Alet,  Louis Fédié écrit que le roi de France avait donné à l'un de ses vassaux, le moulin à Farine dit Moulin du Roi, alimenté par l'eau prise sur la Boulzane amenée par le canal de Garrouda.

Dans le Bulletin des lois du Royaume de France,  apparait dans le chapitre des "Usines: les autorisations données pour travaux divers et pour l'établissement d'usines dans les lieux ci-après nommés", le moulin de Caudiès.

 

Sur le recensement de 1841, sont relevés Fourcade Simon meunier, et Doumergue François ouvrier meunier , rue Portel d'en Roques d'une part et d'autre part Olive Antoine meunier et, Olive Hypolite et Grand Auguste ouvriers meuniers rue Marias.

Le recensement de 1906 relève comme meunier Olive Simon (né à Caudiès en 1841) avec son beau-fils Tribillac Alphonse (né à Aunat en 1870).

 

Moulin de Saint-Jaume

Son existence est évoquée par Joseph Armagnac dans un article sur Castel-Fizel publié dans "La Veu del Canigò" en 1914.

Il dit que la chapelle Saint-Jaume est devenue bâtiment rural, dépendance du moulin. Celui-ci était alimenté par la rivière Saint-Jaume.

Albert Bayrou, note qu'en 1790, Francis Raymond possédait le moulin de Castelfizel (in Fenouillèdes Diocèse d'Alet), et dans un second  ouvrage (in Caudiès-de-Fenouilèdes, à la recherche du passé), il transcrit:

- 1823, 11 février - Le moulin de Saint-Jaumes:

     Rapport de l'ingénieur en chef, TRETON, au sujet du moulin de Saint-Jaumes déjà mentionné dans un titre de 1534.

Dans le compoix de 1645, rôle de François JALABERT " pour une pièce de moulin à farine ruiné, dit moulin de la ferme (ferus ,ferna febna ?) sur la rivière St Jaumes et terres hermes incultes." 

Le moulin aurait été supprimé  et sa meule enlevée par un arrët du parlement de Toulouse, en 1780.

Le 21 février 1806, J.Bte BES et François BES, frères, meuniers du moulin de Caudiès,  propriétaires de la masure de l'ancien moulin de Castelfizel, le vendeur Clément RAYMOND, "s'obligeant le droit à perpétuité de bâtir aucun moulin dans les lieux."

Me GUITTER, notaire de Perpignan.

 

 

Sur le recensement de la population de Caudiès en 1841, consulté en ligne sur les Archives des Pyrénées-Orientales, sont notés dans le hameau Saint-Jaume métayers et meuniers, à savoir pour ces derniers Balayer Jérome (le père) et Pierre (le fils).En 1856, est inscrit comme meunier, Antoine Bot, 47 ans avec sa femme Rose Brillat, ses 4 fils et sa fille. Est également inscrit Pierre Fourquié, ouvrier meunier. Antoine Bot est encore noté en 1866.

En 1886, est recensé François Artozoul  50 ans, avec sa femme Elisabeth Rivière.

Sur le recensement de 1906, dernier recensement actuellement en ligne, 2 meuniers sont notés Caillens Raymond (le père né à Sournia en 1850) et Caillens Julien (le fils né en 1885 à Maury).

Moulin du Pont de La Garrigue

Sur le site de généalogie (geneanet.org), sont relevés:

- Pierre Simon Olive, surnommé "Le Détestable et l'ours", né à Caudiès le 17 avril 1841, est noté comme décédé le 7 décembre 1906 à son domicile au moulin de La Garrigue.  Il a eu deux filles dont l'une  Françoise Joséphine Olive, meunière  a épousé Alphonse Benjamin Tribillac (né à Aunat, dans l'Aude, en 1870).

- Charles Tribillac dit Jean (tonton du moulin, surnom donné par Geoges Vayre) est un des fils du couple Tribillac-Olive (1904-1991).

Jean-Louis Tribillac, fils de Charles, apporte les précisions suivantes: en 1917, alors que Alphonse Benjamin Tribillac est au front, survient une crue de la Boulzane au cours de laquelle la retenue d'eau pour le moulin est emportée , mettant fin à son exploitation. Sa fiche de matricule militaire (matricule 1303, classe 1890, bureau de Narbonne) témoigne de sa campagne contre l'Allemagne (31 mars 1915 au 1er mai 1916) et porte la mention "détaché agriculteur catégorie A à St Paul de Fenouillet " en date du 10 novembre 1917. À son retour du front, Benjamin Tribillac, rachète le Moulin de Saint Jaume pour maintenir une activité farinière (blé, avoine) pour les habitants de Caudiès.

 

Déjà, en 1891, une crue importante est rapportée dans les journaux de l'époque, comme le rapporte "L'Univers" du 27 octobre de cette même année.

gallica.bnf.fr
gallica.bnf.fr

Cette photographie du moulin "Tribillac" prise en 1899 (auteur inconnu) est extraite du livre que Philippe Mérou, Alain et Jean-Pierre Vergès ont publié en 1980, sous le titre Caudiès de Fenouillèdes, Regards sur un village des Corbières (1895-1945).

Le rapport préfectoral sur la préventions risques naturels dans la commune de St Paul (2012) signale également que la passerelle menant à la mire de la station de  jaugeage, installée sur la Boulzane en 1910, a été emportée lors de la crue de 1917 (a priori au mois de décembre).

 

Actuellement  Jean-Louis Tribillac demeure dans le bâtiment qui fut l'écurie tandis que son frère Robert occupe l'ancien moulin.

L'existence de plusieurs autres types de moulins à eau est également retrouvée.

 

Moulin à scier

 Le plan figuratif de Caudiès montre l'emplacement d'un moulin à scier (n°5).

 

Moulin  à Foulon

Albert Bayrou relève qu' en 1673,  JULLIA  veuve de Marc-Antoine de NEGRI, possédait un champ donné au couvent avec la partie d'un moulin à foulon situé au-dessus du moulin à blé.

 

Moulin à papier

1790, "il avait entreposé à Conac un moulin à papier dont le canal était formé".