La Musique

Pas de Fêtes  qu'elles soient religieuses ou laïques sans Musique.

D'ailleurs dans les délibérations du conseil municipal (in Caudiès-de-Fenouillèdes, à la recherche du passé), Albert Bayrou rapporte que le conseil a reçu une lettre datée du 5 mars 1910 des auteurs compositeurs de musique invitant la commune à souscrire un abonnement avec elle pour les bals, passe-villes,etc,14 juillet et fêtes locales...

Les Chorales

Les Enfants de Caudiès

C'est la première chorale  de Caudiès connue. Elle a été crée pour animer notamment le défilé du 14 juillet et d'emblée devient un enjeu et une arme politique entre deux bords qui s'affrontent.

Albert Bayrou relève dans les délibérations du conseil municipal (In Caudiès-de-Fenouillèdes, à la recherche du passé)  qu'en 1895 (Maire Joseph Mérou)

            100 F de subventions à la Société chorale pour  lui permettre l'achat d'un drapeau".

Cette bannière est conservée à la Mairie dans la salle des Mariages.

Cette photo est extraite du livre "Caudiès de Fenouillèdes, Regards sur un village des Corbières (1895-1945) de Philippe Mérou, Alain et Jean-Pierre Vergès, publié en 1980.

14 juillet 1895 (auteur inconnu)
14 juillet 1895 (auteur inconnu)

1896 nouvelle délibération du Conseil Municipal (Maire Joseph Mérou):

Dissolution de la chorale "Les Enfants de Caudiès car sa conduite "à l'occasion de la Fête Nationale a été un outrage à la République et à l'autorité. Les meneurs sont indignes des libéralités de la commune... le but que ses chefs poursuivent est uniquement politique."

Suppression de la subvention.

Pour contourner cette interdiction, y compris l'utilisation du nom, des concerts continuent à être donnés dans des lieux privés ( les cafés de Caudiès disposent de grandes salles où peuvent être donnés des spectacles).  Sur les affiches, le nom apparait tout de même mais sous forme de périphrase , légalement inattaquable.

Des élections municipales ont lieu, et le nouveau maire Tristan de Ferluc demande au préfet,  le rétablissement de la Société "Les Enfants de Caudiès", dans sa forme légale.

Guy Normand dans la revue Fenouillèdes n°28, a retracé l'histoire épique de cette orphéon.

Il note que la toute première chorale de Caudiès dont on ait la trace, avait été fondée par Pierre Vidal en 1886, sous le nom "L'Avenir. Les Montagnards de La Val".

 

Au Journal Officiel du 25 novembre 1922, est publiée la création de la société musicale "Les Enfants de Caudiès"...

chorale J.O. 25 novembre 1922
gallica bnf.fr

Chorale des Enfants réunie dans la cour de l'école pour la Fête des Mères en 1950.

Plus tard, une chorale a été constituée par Robert Rieux. Jean-Claude Rey a complété par ses souvenirs personnels puisqu'il a fait partie de cette chorale  d'enfants (avec René Payrard,  Frédéric Castelo, Rémi Authier,  Jean-François Palmade, Marc Héline), recrutée parmi ceux qui apprenaient le solfège avec Raymond Martignoles (viticulteur et capitaine de l'équipe de Rugby). Cette chorale se produisait notamment pour l'installation des touristes qui venaient camper sur le Pré (idée de Georges Vayre). Actuellement,  Jean-Claude Rey est  le chef de choeur de la chorale (adultes et enfants), la Caudierenco.

 

Robert Rieux, né à Bugarach était le compagnon de Joséphine Jorda. Chef d'orchestre professionnel, il fit beaucoup pour la musique à Caudiès. Il refit l'arrangement (musique et paroles) de la "Caudierenco", composée en 1895 par Joseph Armagnac (à l'époque conflictuelle des "Enfants de Caudiès").

Robert Rieux

Le choeur de la Boulzane

Cette chorale a été fondée en 1983, sous l'impulsion de Raymond  Authier,  Georges Vayre  et Emmanuel Smagg. Suzanne Truillet en a été la première présidente. Lionel Arnaud  qui auparavant officiait à Axat, en est le chef de choeur depuis le début. Pour ses trente ans, Paul Rousset lui a consacré un film ("Trente ans que ça chante") . 

Le choeur de la Boulzane a un site internet: choeurdelaboulzane.com que vous pouvez rejoindre en cliquant sur le bouton.

(Vous quittez alors le Musée virtuel; pour y revenir fermez l'onglet).

Les Instrumentistes

Il semble que les mêmes problèmes politiques soient survenus avec les orchestres. 

Ainsi le journal L'Éclair du 17 septembre 1909 rapporte les faits qui ont amené la tenue de deux  bals simultanés lors du Carnaval. Cet article est une réponse à un article du journal la Dépêche paru au moment de la fête patronale.

1926  Cette photo confiée par Claude Millé montre des musiciens de Caudiès, partis jouer à la fête du village de St-Louis et Parahou.

1926 Musiciens de Caudiès avec nous

Vers 1930

Sur cette photo extraite de la Revue Fenouillèdes, d'un article de Guy Normand, c'est Louis Fourcade "Petit Louis" qui avait tidentifier les musiciens et Jean Paul Tricoire son père. Les musiciens de Caudiès, associés à ceux de Saint-Paul sont photographiés sur les marches du Palais de Justice de Perpignan.

Vers 1948

Sur cette photo de la clique caudiésienne réunie pour une fête, confiée par Francis Mérou qui avait identifié les musiciens, :  appartenant à deux groupes:

L'un sous la direction de Philippe Millé comprenait les trompettistes Francis Mérou et Pierrot Paret, et les clarinettistes André Siffre, Jeannot Billès et Georges Villa.

L'autre groupe était dirigé par Alexis Martignoles à savoir Serge Peille (Petit Saxo Alto), Robert Authier et Max Berthomieu (Trompette), Maurice Déger, Germain Mathieu et Georges Mérou (Saxo).

Clique 1948

1952 et quelques souvenirs de Claude Millé:

..." l'orchestre local des années après guerre formé par le boulanger Paul Mandoul, qui lui avait donné le nom  de "scout old jazz" ce qui signifie "escouto ol jazz", ecoute le jazz le en occitan, mais ça "faisait moderne endiable"...mandoul était le batteur, mon père le clarinettiste,  Augustin Truittet le violon, René Delbourg le trombone..." 

 Hector Peille, ancien maire, avant son décès en 1949, faisait aussi partie de cet orchestre.

Le commentaire de Claude Millé reflète bien ce qu'a écrit Jean Rifa dans son "Histoires Pittoresques de nos Villages" (sardane.vefblog.fr): "...un autre évènement va freiner le développement de la cobla: l'arrivée du jazz-band et son impact sur la jeunesse."

Les Coblas

 

Hauts-parleurs

Toujours sur le blog, Jean Rifa qui retrace l'histoire de la Cobla Roussillonnaise écrit:

"En 1833, une cobla est encore composée d’un flabiol, d’un tambourin, de deux hautbois rudimentaires ( prima et tenore) et d’une cornemuse. Cependant, certains  de ces ensembles devaient être de qualité puisque le duc d’Orléans, lors de son voyage en Roussillon en 1839, est enthousiasmé par la cobla qu’il entend à Caudiès-de-Fenouilèdes et achète pour la jolie somme de 220 francs les  instruments de cet orchestre. Dès cette époque, le progrès musical est en marche et une sérieuse concurrence va s’établir entre les traditionnelles cobles et les ensembles d’harmonie dont les musiques militaires sont le fer de lance."...

Les coblas ont longtemps animé les messes dominicale, comme l'a rapporté Annie Mérou, et les fêtes comme l'avait écrit Henri Pépratx dans son livre la "Sardane": ..."la grande fête locale du 8 septembre ne serait pas "la Fèsto" sans une cobla catalane."

Henry Pepratx, photographié avec Pablo Casal
Henry Pepratx, photographié avec Pablo Casal

Un article posté en 2018 sur metbarran.canalblog.com retrace son portrait:

On danse également la Sardane l'été sur la Place de La Mairie de Caudiès. Marie-Thérèse Boyer se souvient d'y avoir appris les pas vers 1955-1960.

Les musiciens accompagnent les défilés du Carnaval

Cette photo avait été confiée par Francis Mérou en même temps que quelques souvenirs:

"Le carnaval de 1947 est organisé par Paul Mandoul et  Joseph Carrère, qui est alors appariteur. Le thème est celui de l'histoire de Bernard de Montauriol, retrouvée par André Badie, montée en spectacle à la salle Virondeau."

Carnaval 1947
Carnaval 1947

En 1956

carnaval 1956

Désormais, seule l'École fait son carnaval.