Les Processions

Dans l'ouvrage d'Albert Bayrou (Caudiès-de-Fenouillèdes, à la recherche du passé, 1996),  est relevé:

1706, 23 août - Pour obtenir "l'entière délivrance des meaux" (maladies dangereuses) qui accablent la communauté, il est décidé de faire "une procession générale qui sera faite pendant six années consécutives, à l'église de N.D. de Laval...le samedi qui précède la fête de la Nativité de la Vierge et qu'il ne soit point fait de danses publiques pendant six années".

En 1863, le curé de Saint Sulpice (Paris) évoque Notre-Dame de La Val dans son livre sur le Culte de la Sainte Vierge en France:

"On y célèbre fréquemment des messes votives; on y chante les vêpres, le lundi de pâques et de Pentecôte, et la messe , le mardi des Rogations. Le 14 août, la paroisse de Caudiès y vient en procession avec le saint Sacrement, comme pour la Fête-Dieu; le 15, elle y célèbre la grand-messe et les vêpres; après quoi elle s'en retourne, reportant le saint Sacrement en procession comme elle l'avait apporté la veille."

Quelques exemples ont pu être retrouvés.

Dans le Journal des Pyrénées Orientales en date du 8 juin 1853, est inséré dans la Chronique Locale un article signé "Farran Fils" sur la Fête Dieu. Le signataire est Joseph Farran, officier de santé en 1842, médecin de Caudiès, comme son père. Le maire en 1853 est François Joseph Laforge, et le curé Isidore Trilles.

La fête Dieu ou fête du Saint Sacrement a été instaurée par le pape Urbain IV en 1264. Elle est célébrée environ 60 jours après Pâques.

Journal des Pyrénées Orientales 8 juin 1853
Journal des Pyrénées Orientales 8 juin 1853
Musiciens du 12e Régiment de Ligne
Musiciens du 12e Régiment de Ligne (uniformes du 1er Empire) extrait du site frederic.berjaud.free.fr

Les pérégrinations du 12e Régiment de Ligne, telles que décrites dans l'ouvrage de G. Dehon Dahlmann (Historique du 12e régiment d'infanterie de ligne, 1877), l'amenèrent à passer à Caudiès. Le Colonel était Daulomieu-Beauchamp pendant la période 1848-1853.

Le chant O Salutaris, en réalité O salutaris Hostia, qui a clôturé la journée est une hymne chrétienne latine, rendant gloire à Jésus Christ, et composée par Saint Thomas d'Aquin. En France, depuis le XVIème siècle, est intercalé un couplet propre à la Patrie, composé et ajouté par le Roi Louis XII en 1512, suite à un voeu fait pendant les Guerres d'Italie.

Visite de l'Évêque (1857)

La visite pastorale de Monseigneur Gerbet, évêque de Perpignan est narrée par un correspondant local dans le Journal des Pyrénées Orientales du 23 décembre 1837 (ressourcespatrimoines.laregion.fr). Le maire est toujours François Joseph Laforge.

Note: Camail, courte pèlerine portée par certains dignitaires ecclésiastiques.

Évêque Gerbet
Monseigneur Gerbet, évêque de Perpignan

Mission

Dans le Journal des Pyrénées Orientales du 31 décembre 1869, Gratia Blanc signe la chronique religieuse.

Les curés qui se sont succédés dans les mois précédant la Mission, sont le curé Deville, remplacé par le curé Charles Colomer en octobre 1869.

La statue du  Christ, placé dans une chapelle latérale est probablement " Le Christ à la Colonne", bois sculpté polychrome du XVe, décrit par Pierre Armagnac dans sa visite de l'église paroissiale.

Dans le texte, il est écrit que Caudiès n'avait pas accueilli de Mission depuis 30 ans. La Mission précédente était certainement celle prêchée en 1737 et pour laquelle une croix - souvenir avait été érigée comme il est indiqué dans les délibérations du conseil municipal (in Bayrou, Caudiès-de-Fenouillèdes à la recherche du passé).

croix avenue de l'Ermitage
Croix de Mission (Inventaire M.H.), avenue de l'Ermitage

En 1883, il est rapporté par Albert Bayrou (In Caudiès-de-Fenouillèdes, à la recherche du passé) une délibération du conseil municipal* selon laquelle il refuse le don de l'ancien curé de la paroisse, le sieur Trilles. Il léguait 2000F à la fabrique pour payer des prédicateurs étrangers: " ils viendront troubler la paix dont jouit la paroisse; il n'est pas un de vous, Messieurs, qui ne sache pas aussi bien que moi quels fâcheux effets ont toujours les missions dans notre pays."

* le maire de l'époque était Casimir Benet.

0n retrouve la trace de la Procession dite du Roi, du 15 août 1888 dans le Diocèse d'Alet d'Albert Bayrou, car Bataillé le viguier s'est plaint à l'Intendant que les préséances n'ont pas été respectées, et y a donné les raisons de son absence.

" ...Et que je me plaçais dans le sanctuaire où j'avais fait porter mon fauteuil.

Pour cela, j'ai  l'honneur vous faire observer qu'il n'y a à Caudiès qu'une église champêtre de Notre-Dame, distante d'une demi-lieue, où la paroisse est dans l'usage de se rendre pour y célébrer les offices, le jour de l'Assomption et que ce n'est qu'après vêpres, et s'en revenant, qu'on fait la procession à laquelle je ne fus point, à cause d'une indisposition que la chaleur avait augmenté..."

Procession du Pèlerinage à Notre-Dame de La Val en 1904

Dans le journal L' Express du midi du 14 août 1904 raconte la procession pour le cinquantenaire la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.

Note: Le 8 décembre 1854, est proclamé par le pape Pie IX, le dogme de l’Immaculée Conception à travers la bulle Ineffabilis Deus (« ad exaltationem fidei catholicae, et christianae religionis augmentum ») donne lieu à une célébration grandiose à Saint-Pierre de Rome. Voici son essence : « Nous déclarons, nous prononçons et définissons que la doctrine qui affirme que la Bienheureuse Vierge Marie dès le premier instant de sa conception, par grâce et par privilège spécial de Dieu tout-puissant, en considération des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, fut préservée de toute tache du péché originel, est une doctrine révélée par Dieu, et que, pour cette raison, elle doit être fermement et constamment crue par tous les fidèles. »   

Albert Bayrou  rapporte également qu'une délibération du conseil municipal en 1908  sous la mandature de Joseph Poutou (succédant au fervent catholique Tristan de Ferluc), interdit les processions dans le territoire de la commune.

Procession dite du Grand Retour de Notre-Dame de Boulogne (1944)

Dans le livre, Caudiès-de-Fenouillèdes, regards sur un village des Corbières 51895-1945) de Phlippe Mérou et Alain et Jean-Pierre Vergès, la photo suivante et accompagnée d'une légende: " Procession quittant Saint Paul et se dirigeant vers Caudiès. Une statue de Notre Dame de Boulogne est transportée de village village..."   Le cliché date de 1944. Il s'agit en fait du "Grand Retour", manifestation religieuse catholique unique par son ampleur en France.

La Madone de Boulogne, ordinairement escortée de deux anges, vogue sur une barque et porte dans sa mai droite un coeur d'or, hommage féodal du Roi Louis XI pour assurer la possession de la ville et du Comté de Boulogne.

Dans son article  publié en 1983, dans les annales de Bretagne (persee.fr) "Le Grand Retour de Notre-Dame de Boulogne à travers la France (1943-1948), Louis Pérouas explique ce long périple (5 ans) des répliques de la statue antique de Notre-Dame de Boulogne. Parties de Boulogne dans les suites du congrès marial de 1938,  elles sont destinées à rejoindre Lourdes. C'est la quatrième réplique empruntant le trajet Est, qui voyagera dans le diocèse de Perpignan.

Sophie Milard, de la bibliothèque diocésaine de Perpignan a relevé dans la revue "La Semaine religieuse du Diocèse de Perpignan" (SRP), l'itinéraire vers Caudiès:

On voit apparaître la mention de sa prochaine venue au tournant 1943-1944. 

Le 30 janvier 1944, lors des messes, l’évêque fait annoncer aux diocésains qu’elle est arrivée dans une maison religieuse et qu’elle transitera dans tout le diocèse (SRP 1944, 29 janvier, pp. 13-14). 

Le programme précis est publié le 12 février, après l’inauguration du Grand Retour le 10 février au soir, afin de marquer la fête de Notre-Dame de Lourdes. C’est à Caudiès qu’elle doit terminer son périple dans le diocèse car elle rejoindrait alors le diocèse de Carcassonne : la statue serait à Saint-Paul le vendredi 10 mars au soir. Elle en partirait pour Caudiès le samedi 11 mars après-midi. Le 12 mars après-midi, elle quitterait Caudiès (SRP 1944, 12 février, pp. 21-22). 

Le programme initial connaît quelques petits aménagements pour ne pas excéder les forces de ceux qui portent. Ainsi, la statue va de Maury à Saint-Paul le soir du 10 mars. Le 12 mars au soir, elle part pour Caudiès où elle reste jusqu’à la fin de la messe du 13 mars (SRP 1944, 26 février, pp. 36-37).

On donne le résumé du Grand Retour dans le diocèse, un peu plus tard, en indiquant que la violence du vent, puis la pluie et la neige, durant les deux semaines de février, ont été la cause du décalage des dates (SRP 1944, 25 mars, p. 48).

 

Le déroulement est fixe. 

La venue de la statue dans une paroisse est précédé par un triduum (trois jours) de prières. Il existe des affiches, livres de cantiques etc… qui sont transmis aux curés des paroisses. Les curés doivent avertir les maires du passage de la statue et demander l’autorisation d’organiser les cortèges prévus. Si c’est possible, ils invitent les municipalités à recevoir officiellement la statue à l’entrée de la commune.

La statue part la veille au soir pour le village concerné. 

Pendant ce temps ou pour l’accueillir, il y a une veillée de prières dans le village. 

Le lendemain, il y a une messe de communion dans le village, avant le départ pour le prochain village. 

Deux missionnaire et deux jeunes gens accompagnent la statue. Il prennent le repas du soir dans les paroisses où se fait la veillée de prières, tout comme le repas du midi du lendemain. 

 

Procession du Couronnement de la Vierge en 1954

Pour la fête de la Nativité de la Vierge (8 septembre) qui est la fête patronale de Caudiès, le curé Gabriel avait organisé le dimanche 12 septembre 1954, une cérémonie en plein air en présence de l'évêque de Perpignan au cours de laquelle une couronne d'or et pierres précieuses, devait être bénie et déposée sur la statue de la Vierge. Cette manifestation a été publiée dans le journal L'indépendant du 12 septembre 1954, mais Jean-Paul Tricoire a confié ces photos que son grand-oncle Louis Maraval a réalisées pendant la procession, qui ramené la Vierge de la chapelle jusqu'à l'autel en plein air.