Maréchal-Ferrant

Sur le recensement de la population de Caudiès de 1906, est notée au quartier de la gare, la famille Alary:

Auguste né à Caudiès en 1848, est le chef de famille et maréchal-ferrant patron, et Marie son épouse;

Joseph, leur fils né à Caudiès en 1881 est maréchal ferrant avec son père;

Joseph, le petit-fils né à Saint-Paul en 1891 est loueur de voitures.

La maison d'habitation était située côté droit de la rue de la gare et l'atelier sur le côté gauche, après la Place de La Fontaine. Ces renseignements ont été donnés par Jean-Marie Alary, ainsi que l'historique suivant:

Les ancêtres Alary étaient originaires de Rouvenac (Aude) où ils exerçaient déjà le métier de maréchal-ferrant. Paul Alary (né en 1788) est le premier à être venu sur Caudiès où il décède en 1856.

Le dit Auguste ( en fait Pierre Étienne pour l'état civil)  Alary était aussi  co-signataire à la création de l'ASA (Canaux). Son fils Joseph, (grand-père de Jean-Marie), maréchal-ferrant  et son petit-fils Pierre vigneron.

Perceuse de l'atelier Alary
Perceuse de l'atelier Alary

                                                           Dans La Dépêche, 16 mai 1919, est passée cette annonce:

Alary Batteuse 1919
retronews.fr

Ferrronnier

Dans ce qui était la rue de la gare (maintenant avenue de la poste), habitait un Ferronnier, Eugène Abattut. Son atelier était au rez-de-chaussée de la maison de Lucien Mounié. C'est lui qui avait fabriqué le premier vélo de Jean Tiburce.

Jean Tiburce indique qu'Eugène Abattut avait, par la suite, équipé en vélos les ouvriers de l'usine de kaolin.

L'homme des grilles

Pour les journées du Patrimoine 2019, Claude Millé avait transmis ce texte qu'Andrée Tricoire a lu dans le cadre de l'exposition d'Arts en Fenouillèdes "Cuisine et Terroir". Dans l'auditoire, Christian Rey a ajouté quelques souvenirs: l'homme des grilles venait souvent au moment des vendanges. Il affutait couteaux et sécateurs. Il installait une forge dans ce qui était encore le corps de garde de la Mairie.

Souvenirs

 

 

 

L'homme des «grilles».

 

Nom incongru quand on ignore cette déformation occitane du mot «grill» tiré de «grillade». Maintenant pour satisfaire la mode, qui, par anglicisme forcené ne parle que single, sitting, design, ou listing on dit «barbecue» pour grill. Mais la cuisson est la même..Et à l’époque des grills on disait aussi «fotbal», sans honte.

 

Donc, vers 1946-50, à Caudiès, tous les ans venait «l'homme des grilles». Il s'installait devant la mairie, il fabriquait ou réparait les grills, étamait de neuf fourchettes, cuillères et occasionnellement recollait les plats et assiettes cassés. Le fait d'utiliser des couverts de fer et de vouloir utiliser des objets que maintenant on jetterait à la poubelle, en dit long sur le niveau de vie de la majorité des habitants.... Je me souviens encore du mauvais goût de fer qu'avait la nourriture chez ma grand-mère, avant la venue de «l’estamaïre»’ étameur ou plus précisément «rétameur»

 

Il réparait très adroitement une assiette en morceaux: il perçait un ou deux trous dans l'épaisseur du matériau, y insérait deux petits tenons de fil de fer et recollait le tout. Et ça tenait....

 

Barbu et solitaire, il faisait comme l'escargot. Son seul bien était une carriole à deux roues de bois, dotée d'une toile à bâche, qu'il tirait lui-même sur la route, attelé aux brancards. Il y dormait. Il s'installait en retrait de la route de Prugnanes, sous les écoles d'alors. On ne savait rien sur lui, il effarouchait les enfants, on ne lui donnait pas d'âge. La plupart des gens se montrait généreux et tolérants, certains consentaient à héberger sa carriole dans leur remise. J'étais enfant, j'admirais sa discrétion, son courage et sa dignité dans sa pauvreté extrême, mais qu’aurais-je pu faire pour lui à 11 ans.?

 

Puis, on n'a plus revu l'homme des grilles. Il avait dû avoir une fin misérable après une semblable vie?

 

Je n'oublierai jamais ce souvenir dont je me sens encore mal à l’aise.

 

 

Claude Millé 2019